Me voilà passé de mode.
J'suis pas à la hauteur, voici venu le temps de briser une illusion paradoxalement perdue dans un océan de brouillard et de douleurs. Des prétentions vaines et orgueilleuses pour un type qui, tu t'en rends compte, ne vaut pas plus.
Même un Ange déchu fut capable de créer et de gouverner son propre monde, aussi vil et putride eut-il été. Il est décidément futile de croire aux choses de la vie, bien qu'il soit tout aussi absurde de les nier.
Je suis désolé, désabusé, désarticulé.
Je n'vais ramper nulle part, je n'vais tout simplement plus bouger, jusqu'à ce que je retrouve la force de me relever. Force que je trouverai seul.
Ou pas.
Et je crierai à l'Harmonie, la parfaite Harmonie, celle de tous les sons du monde et de ceux qui n'existeront jamais. Et des milliers de vibrations qui sortiront de mon corps et de mon âme, je me désagrègerai. Sans traces ni immondices. Juste un souvenir éternel, transcendé puis balayé. Devenir la perfection même, sublime, incomprise.
Chacun est parfait en cela qu'il ne l'est pas.
Seulement faire du mal est impardonnable, aussi jouissif cela puisse être. Et penser qu'accepter son destin évite les frustrations est une théorie un peu trop fataliste à mon goût, malgré tout le respect que j'ai pour Nietzsche.
J'n'ai vraiment aucune envie d'être enfermé, même dans le bonheur le plus total. On est trop jeunes pour déjà se préparer à contempler notre chute.
Alors je m'avoue vaincu. Mais, le visage enfoncé dans le sol, une note de désespoir coincé entre les dents, je saurai réapparaître.
Ne vous brisez pas les canines à ronger lentement vos ulcères. Si vous n'y croyez plus, c'est que vous vous êtes déjà perdus.
Il n'y a rien de pire que le sommeil.